L'Aventure thérapeutique

Une réelle dynamique régionale

Pour l’avoir vécu à plusieurs reprises, les deux initiateurs du projet sont eux-mêmes convaincus de l’effet thérapeutique de l’utilisation de l’aventure, et ils ne sont pas seuls. Ils ont joint leurs efforts à ceux d’une équipe de recherche de l’UQAC, le LERARS. Cette équipe interdisciplinaire se penche principalement sur le cas du changement observé lors d’expéditions de la Fondation Sur la pointe des pieds pour des adolescents atteints de cancer. Toutefois, plusieurs autres projets gravitent autour de cette équipe, en partie puisque cette dernière est composée d’une référence internationale en aventure thérapeutique, M. Mario Bilodeau, qui est en lien avec nombre d’organismes régionaux et qui supervise aussi des étudiants de Maîtrise travaillant sur des sujets en lien étroit avec l’aventure thérapeutique. M. Bilodeau n’en est pas à ses premières armes ; déjà, en 1979, il faisait vivre des expériences de plein air d’aventure à des personnes handicapées dans la région. Ainsi, c’est sur un continuum que se poursuivent ses efforts. Cette effervescence nouvelle n’y est pas pour rien puisque des recherches récentes appuient la pertinence d’utiliser l’aventure comme moyen thérapeutique avec les clientèles adolescentes, souvent rébarbatives aux méthodes traditionnelles.

 

L'aventure thérapeutique

L’utilisation consciente de l’aventure comme principe éducatif et d’intervention remonte à une cinquantaine d’années, lorsqu’une école anglaise de formation à la navigation maritime, devenue la Outward Bound School, inclut dans son curriculum l’utilisation du risque comme élément important de formation. Un lien direct a alors été fait entre le niveau de risque engagé et le bénéfice potentiel pour les jeunes futurs matelots. Ceux-ci y voyaient alors une compréhension pratique des compétences nécessaires à une tâche ou à une situation, tout en vivant concrètement les conséquences de leurs actes sur leur environnement humain et physique. Évidemment, chaque risque était soigneusement calculé de manière à ce qu’il soit davantage perçu comme un risque élevé par les jeunes, malgré un risque réel relativement bas.

Dans ce contexte, l’aventure est alors une activité d’équipe ayant un certain niveau de risque et dont on ne connaît pas l’issue. Elle demande un plein engagement des participants et un but commun fixé et réévalué en équipe. C’est d’ailleurs ces phases de briefing et de débriefing qui sont au cœur de l’aspect thérapeutique " opérationnel ", sans oublier l’influence immense — mais tellement mystérieuse — de la Nature comme lieu commun, avec toute sa valeur thérapeutique interne. Le facilitateur d’aventure, en d’autres termes le leader d’un tel programme, se doit de tout mettre en oeuvre pour que les participants puissent faire des liens entre les situations intenses et significatives vécues en aventure et la vie quotidienne de ces derniers. Les facilitateurs d’aventure sont des diplômés formés à la fois en plein air d’aventure et en intervention éducative et sociale.

Cette manière inductive et très pragmatique de faire apprendre par l’expérience vécue (l’éducation expérientielle) a trouvé sa voie parmi plusieurs centaines d’écoles primaires et secondaires aux États-Unis, qui se sont dotées d’un programme d’aventure dans les années 70-80. Depuis, des recherches ont identifié que la clientèle adolescente marginalisée était celle qui réagissait le mieux à cette approche encore embryonnaire au Québec, puisque ceux-ci sont à la recherche de sensations équivalentes à celles de leur vie trépidante et puisqu’ils sont aussi dotés d’un jugement critique que les enfants n’ont pas. Ainsi, l’estime de soi, la confiance et la prise de contrôle de sa vie sont les trois principaux bénéfices que les participants à des programmes d’aventure retirent.

 


 

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